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L’Histoire des Grands Prix aux États-Unis (2/5)

Après le récit du spectaculaire Grand Prix des États-Unis 1959, ToileF1 vous emmène aujourd’hui douze ans plus tard, en 1971, sur le célèbre tracé de Watkins Glen.

Chaque automne depuis 1961, les montées en régime stridentes des Formules 1 troublent la quiétude du paisible village de Watkins Glen, dans l’État de New York. Le 3 octobre 1971, ce Grand Prix à la campagne n’a plus d’intérêt pour le championnat, puisque Jackie Stewart est devenu double Champion du Monde en août, sur l’Österreichring. Bien qu’il soit déjà titré, l’Écossais a tout de même signé la pole position, la veille, au volant de sa performante Tyrrell-Ford 003.

Le départ est donné, et comme chacun s’y attend Stewart construit un écart avec ses concurrents dès les premières boucles. Derrière, le peloton mené par François Cevert, le coéquipier de Stewart, ne parvient pas à suivre le rythme effréné du Britannique. Mais la fête est de courte durée pour Stewart : ses pneumatiques supportent mal les contraintes infligées par son pilotage, et Cevert ne tarde pas à refaire son retard. Au quatorzième tour, la jonction est faite, et le jeune Français déborde aussitôt son illustre équipier.

A la mi-course, c’est au tour de Cevert de connaître des difficultés avec ses pneumatiques. Jacky Ickx, alors second, en profite et revient à moins de trois secondes du leader, mais quelques tours de piste plus tard, l’alternateur de sa Ferrari le trahit. Cette casse endommage également la boîte de vitesse du Belge, qui répand alors de l’huile sur la piste. Denis Hulme puis Cevert en font tour à tour les frais, heurtant tous deux le rail de sécurité. Le Néo-Zélandais y laisse sa suspension et ses espoirs de podium, tandis que le Français repart miraculeusement, avec désormais près de trente secondes de marge sur son nouveau poursuivant, le Suisse Jo Siffert, sur BRM.

La fin de course est plus calme pour le Français qui passe sous le drapeau à damier avec quarante secondes d’avance sur Siffert, qui de son côté a lutté pour conserver sa place de second face à la March-Ford du Suédois Ronnie Peterson. Celui que l’on surnomme Le Prince remporte là son premier et unique succès en Formule 1, sur le circuit qui allait lui coûter la vie, deux ans plus tard, lors des essais qualificatifs du même Grand Prix. Siffert et Peterson n’auront pas un destin plus heureux, le Suisse se tuant trois semaines plus tard à Brands Hatch, lors d’une course hors championnat, alors que le Suédois perdait la vie en 1978, des suites de ses blessures du Grand Prix d’Italie.

Bien qu’il n’ait remporté qu’un seul Grand Prix dans sa courte carrière, François Cevert était très admiré par le public français. Cette popularité était due à ses prouesses en Formule 1, mais aussi aux 24 Heures du Mans, au volant des glorieuses Matra-Simca MS670. Il ne s’imposa cependant jamais lors de la Classique Mancelle.

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